Chapitre VII
Un
e soirée bien arrosée

 
 

 

Trois journées passèrent. Les deux matins suivants, elle m’emmena avec elle dans son bureau comme elle l’avait fait la première fois, et j’y servis plus ou moins d’accessoire décoratif. Enfin, pas seulement décoratif puisque, de temps à autre, elle m’utilisait pour se donner du plaisir. Depuis qu’elle m’avait prise sous son aile, je n’avais pas eu le droit de jouir. Elle m’avait dit que cela faisait partie de l’attitude d’obéissance et d’abandon que je devais avoir envers elle. Elle seule pouvait décider de mes besoins naturels, soutenait-elle, ajoutant d’un ton énigmatique : « Tous tes besoins. »

Le soir aussi, elle s’amusait parfois avec moi. Ou alors elle me laissait dans ses appartements et ne revenait que très tard. J’avais pour consigne de l’attendre avant de m’endormir. Elle m’avait donné la permission de puiser des livres dans sa bibliothèque, mais non d’ouvrir la télé. Alors à son retour elle me trouvait avec un livre à la main. Et lorsqu’elle se couchait, j’avais le droit de prendre place sur le petit grabat au pied de son lit.

À la fin de la troisième journée, elle me dit : « Ce soir, c’est fête au ranch. Outre les pensionnaires du moment, il y aura quelques autres invitées. Ces fêtes sont toujours importantes, car cela permet à mon établissement d’imposer sa marque. Je viens à peine de commencer à m’occuper de toi, mais j’espère que tu te comporteras bien. Mais pour cela, il nous faut nous préparer. Va prendre une douche et attends-moi dans la salle de bain. »

Je n’étais pas très sale, m’étant lavée le matin même. Cependant la directrice m’avait dit qu’elle aimait que je sois toujours propre comme un sou neuf pour elle. J’allai donc me doucher, me nettoyant de la tête aux pieds, mais me dépêchant d’être fin prête lorsque la directrice viendrait me rejoindre. Elle m’avait en effet dit que jamais elle ne devait attendre après moi. Je pris bien soin de ne pas me sécher sans qu’elle m’en ait donné la permission. Pour me récompenser de mon obéissance, elle m’embrassa longuement puis m’ordonna de la laver, ce que je fis avec un soin attentif. Ensuite, elle nous enroula littéralement dans un drap de bain et nous nous séchâmes mutuellement.

En essuyant ma vulve, elle parut avoir une inspiration et m’entraîna dans la salle à manger. Là, elle posa un plateau d’argent au milieu de la table et me fit m’y coucher de façon que le plateau soit juste à la hauteur de mon sexe. Elle prit des lacets de cuir et m’épingla aux quatre coins de la table. « Pour éviter que tu te débattes, tu comprends? Tu ne voudrais pas me blesser. » Elle ressortit et revint avec une pince à épiler. « Je vais te dessiner une belle petite vulve bien propre. Pour le moment, je ne te ferai pas un sexe chauve, seulement une petite chatte domestiquée. » Elle mit un petit coussin sous ma tête. Lissant la peau pour bien voir la racine des poils, elle entreprit de définir de façon plus nette ma chevelure pubienne, arrachant au passage aussi la fine ligne de poil qui allait de mon nombril à mon mont de Vénus.

Je me laissai faire sans mot dire, mais tout de suite je compris pourquoi elle m’avait attachée. J’étais au supplice et mes larmes coulaient malgré moi. Chaque poil arraché et qui allait rejoindre les autres dans le plateau d’argent me faisait l’effet d’une aiguille pénétrant la peau de mon aine, de mes lèvres, de mes fesses, de mon ventre. Je gémissais de douleur. La directrice m’adressait des paroles apaisantes, mais elle poursuivait sa besogne sans broncher. Elle semblait même prendre tout son temps.

Pourtant, je fus presque déçue lorsque le supplice cessa. Mon corps, tout abandonné à cette vexation, resta comme inassouvi. La directrice me regarda et sourit sans mot dire, mais j’étais certaine qu’elle savait comment je me sentais. Je m’agitai, mal à l’aise, mais les liens qui me retenaient ne me laissaient nulle échappatoire.

La ligne des poils semblait maintenant à son goût. « C’est trop long », déclara-t-elle cependant. Alors elle entreprit de couper ce qui restait. Mais elle ne rasa pas tout, se contentant de laisser un centimètre de poils. Enfin, avec un tampon d’alcool, elle tapota toute la surface fraîchement épilée, « Afin de refermer les pores », dit-elle. Je m’efforçai de contenir les nouvelles plaintes qui montèrent de ma gorge.

Elle ne s’arrêta pas en si bon chemin, et m’épila les jambes et les bras à la cire chaude. Enfin, elle me détacha et m’amena devant un miroir. Mon sexe n’était plus recouvert que d’un duvet bien taillé. Des épaules aux orteils, tout mon corps était glabre et de la couleur d’un homard bouilli. Elle appliqua une crème qui calma un peu le feu de mon épiderme.

Tout en oignant mon pubis avec de l’huile pour bébé, elle me caressait. Moi, j’étais en proie à un désir intense qu’avaient fait naître tous ces soins attentifs dont j’avais été l’objet. Mais elle ne prolongea pas ses attouchements : « La soirée promet d’être longue et tu dois encore être en état de servir », expliqua-t-elle. Cela m’humilia de me faire rappeler mon réel statut auprès d’elle : je n’étais qu’un objet dont elle entendait faire le meilleur usage possible. Et qu’elle jetterait lorsqu’il ne lui serait plus utile? J’en eus comme un pincement au cœur.

Elle coupa court à mes pensées sombres. « Embrasse-moi », m’ordonna-t-elle. Et toute ma tristesse s’envola dès que ses belles lèvres charnues se posèrent sur les miennes.

Elle nous fit monter un repas léger, puis, après nous être habillées, nous descendîmes dans les pièces du sous-sol, dans cet espace réservé aux réceptions privées, que je visitais pour la première fois. Cet antre secret semblait occuper toute la superficie de la maison. Il y avait une salle assez vaste, pouvant accueillir peut-être une quarantaine de personnes, avec, dans un coin, une petite scène. On y accédait directement par l’escalier. Trois couloirs partaient du fond de la salle, menant dieu sait où.

La directrice ne me tenait pas en laisse et m’avait dit de simplement demeurer à deux pas derrière elle. Je portais une culotte de nylon. En me l’enfilant, elle avait sciemment coincé, tout en m’ordonnant de ne pas y toucher, l’élastique de la jambe gauche entre mes fesses, dévoilant la moitié de mon postérieur. Elle m’avait aussi fait enfiler une minirobe de nylon blanc à fines bretelles, sous laquelle je ne portais rien. Mes cheveux, déjà courts, étaient tirés vers l’arrière par un bandeau. Aux pieds, cette fois, je ne portais pas de chaussures à talons haut, mais des ballerines de cuir blanc. Ma tenue toute blanche contrastait avec la sienne, intégralement noire, et sensiblement plus… couvrante : elle portait un de ses pantalons de cuir et un gilet de cuir qui lui laissait les bras découverts, et était chaussée de bottes noires très pointues.

À notre entrée, toutes les conversations se turent et tous les regards se tournèrent vers nous. Moi, j’étais partagée entre la joie d’être auprès d’elle et l’embarras de me présenter dans cette tenue qui me faisait me sentir si nue. Ma gêne monta d’un cran lorsque la directrice passa derrière moi pour glisser sa main sous ma robe, puis dans ma culotte afin de mieux me guider vers un canapé. Avant de s’asseoir, elle s’éclaircit la voix : « Je vous remercie toutes d’être venues, qui le temps d’une soirée, qui pour un séjour dans notre beau ranch. J’espère que vous vous amusez bien. Ce soir, vous verrez qu’ici chaque soirée est spéciale. » Il y eut quelques applaudissements, puis elle s’assit. Je l’imitai, mais elle me lança un regard éloquent. « Tu as déjà oublié, ma belle. Toi, tu restes debout.

– Ah oui. D’accord. Pardon. » Je me relevai précipitamment, comme si la chaise avait été chauffée au fer rouge.

« Qu’est-ce que tu as dit? Je n’ai pas bien compris.

– D’accord et pardon, Maîtresse. »

Ensuite, sans plus trop faire attention à moi, elle se mit à bavarder avec les autres femmes qui étaient assises autour d’elle. Je restai plantée là, comme une potiche ou une plante verte. Pour me distraire, je balayai les lieux du regard et j’accusai le choc. Autour de moi, il y avait des personnes bizarres, toutes de cuir et de métal vêtues, qui en tenaient d’autres en laisse, réelle ou psychologique. Certaines personnes étaient seules, mais on pouvait souvent deviner à quelle catégorie elles appartenaient, dominantes ou dominées. Quelques couples ou trios s’agitaient sur la piste de danse. Je reconnus certains visages pour les avoir aperçus à l’écurie. Soudain, je vis Janine, qui me considérait d’un air moqueur. Je tressaillis, car l’aventure inconfortable que j’avais vécue avec elle me semblait si lointaine, et j’avais vécu tant d’émotions dans l’intervalle, que j’en avais presque oublié l’existence de la rude palefrenière. Elle enserrait d’un air protecteur une femme que je connaissais bien elle aussi, une femme vêtue ce soir-là d’une combinaison d’un noir luisant. Elles se connaissaient donc ! J’eus l’impression, soudain, d’avoir été victime d’une machination, d’une sorte de mariage arrangé pervers.

Je sursautai. La directrice venait de passer de nouveau une main dans ma culotte, mais, cette fois, elle l’avait glissée jusqu’entre mes fesses. « J’étais en train de dire combien j’étais satisfaite de t’avoir à mon service, ma belle. » L’air de rien, tout en poursuivant sa conversation avec ses amies, elle fit pénétrer son pouce dans mon anus et fit des mouvements circulaires. Je fis tout pour rester digne. Mais je crois bien que ma figure devait être cramoisie. Son pouce se fit plus insistant dans mon cul, générant des sensations inconnues. Elle fit pénétrer un doigt dans mon vagin, puis deux, puis trois, puis quatre. J’étais si humide que sa main entrait en moi comme dans de la crème fraîche. Le pouce dans mon anus, le reste de sa main dans mon vagin, elle tenait dans sa main toute une poignée de ma chair, qu’elle triturait et caressait, tout en bavardant négligemment avec ses copines − qui n’accordaient qu’une attention discrète à notre singulier échange. J’essayais de faire abstraction de ce qui arrivait, mais j’étais au supplice. Je me sentais humiliée d’être ainsi manipulée devant tout le monde, et encore plus d’aimer cela. Sa main allait et venait en moi de plus en plus vite et je sentais mes résistances fondre. Mon eau ruisselait entre mes jambes, sur mes cuisses, le long de mes jambes. La directrice interrompit brièvement sa conversation pour me souffler à l’oreille : « Petite salope, tu aimes ça, hein? » Je sentis mes jambes ramollir et j’oubliai où j’étais. « Je veux que tu jouisses devant tout le monde, afin de bien leur montrer quel genre de pute j’ai déniché. » Lorsque l’orgasme me saisit, je laissai échapper un cri, mais je plaquai vite ma main sur ma bouche. Je restai pantelante quelques instants, oubliant que je venais de me faire baiser devant tout le monde, et que j’en avais éprouvé du plaisir.

Lorsque je repris mes sens, je m’aperçus que mon dos était toujours appuyé contre le mur, mais que mes jambes avaient fléchi, projetant mon pelvis vers l’avant. Ma culotte pendouillait entre mes jambes, gorgée de mon jus. Je me redressai tant bien que mal.

« Enlève ta culotte », m’intima la directrice dans un souffle.

Avec la robe que je portais, si j’enlevais ma culotte, au moindre de mes gestes, tout le monde verrait mon sexe, mes fesses. J’hésitai.

« Je t’ai dit d’enlever ta culotte. »

Le plus discrètement possible − mais il était évident que si une des femmes était en train de me regarder, elle devinerait tout de suite ce que j’étais en train de faire −, je fis coulisser le vêtement de nylon le long de mon corps, en prenant bien soin de demeurer dos au mur lorsque je me penchai pour le ramasser.

« Maintenant, éponge ton entrejambe, espèce de petite salope. Tu ruisselles. »

D’une manière qui se voulait subtile, j’épongeai mes cuisses avec ma culotte, encore une fois consciente du regard des autres.

« À présent, tu vas aller aux toilettes et faire pénétrer ta culotte dans ton vagin en n’en laissant dépasser qu’un petit bout, comme la corde d’un tampon. À ton retour, je vais vérifier si tu m’as obéi. »

Ma culotte roulée en boule dans la main, je me dirigeai vers les toilettes d’un pas incertain, en veillant bien à ne pas faire virevolter ma robe légère. Malheureusement, en travers de mon chemin, il y avait Janine. « So, little slut, you got what you wanted? So you think this is all a big joke hey? Wait until you see what she’s gonna do to you. You’re gonna cry and scream, but no one will hear you ! » Je passai mon chemin sans mot dire.

Les toilettes étaient situées au bout d’un des couloirs. En m’y rendant, je passai devant une porte ouverte. Dans la pièce, aménagée en salle des tortures, une femme était debout, les bras attachés en croix. Une autre femme la fouettait, laissant de fines marques rouges dans son dos. Deux ou trois personnes observaient la scène en silence. J’étais partagée entre une curiosité brûlante et la gêne d’assister à cette scène. Mais je savais qu’il ne me fallait pas traîner, car je devais obéir aux ordres de la directrice. Lorsque je parvins enfin à la salle de bain, je tombai sur un couple qui se caressait − si l’on peut qualifier de caresses le fait de porter un godemiché à harnais et de l’avoir enfoncé jusqu’à la garde dans le sexe d’une autre femme… Je battis en retraite et, dans un coin, espérant que personne ne faisait attention à ce que je faisais, je fis comme me l’avait dit la directrice. J’étais si humide, que le tissu pénétra sans peine dans mon vagin mouillé. J’en laissai dépasser un tout petit bout et je retournai à ma place en serrant les muscles de mon vagin de peur de sentir ma culotte redescendre.

Je me plantai auprès de la directrice, et celle-ci passa sa main entre mes jambes afin de vérifier si je lui avais bien obéi. Elle tira un peu sur la culotte. Maintenant, si on me regardait un tant soit peu attentivement, on ne pouvait pas manquer de remarquer le bout de nylon obscène dépassant de mes lèvres que je gardais pressées l’une contre l’autre. Pour ajouter à mon tourment, la directrice me fit apporter un tabouret très haut et m’ordonna de m’y percher. Je le fis en serrant très fort les jambes, mais cela n’eut pour conséquence que de décharger une onde de plaisir en moi. Ma culotte roulée en boule, plus humide que jamais, descendit d’un cran.

La soirée s’écoula tranquillement, agrémentée par la faune bigarrée qui peuplait le salon privé et ponctuée par deux numéros à teneur pornographique − une chanson paillarde et une chorégraphie avec trois danseuses à moitié nues. La directrice semblait beaucoup s’amuser, en tout cas, de même que la plupart de ses invitées, car elles firent durer le plaisir jusque très tard dans la nuit. Moi, je restai perchée sur le tabouret de métal. J’avais mal aux fesses, j’avais soif, j’avais envie d’aller aux toilettes. Et en même temps, j’étais bien, et parfois, juste à sentir la main de ma Maîtresse sur ma cuisse, je me sentais planer et j’avais le sexe qui se mouillait de nouveau.

Enfin, elle se leva et fronça les sourcils. Sans doute ne m’étais-je pas relevée assez vite à son goût, et je fus triste de l’avoir déçue. Je n’avais pas perçu grand-chose de la soirée, perdue dans une sorte de brume, toute à mon plaisir d’être avec ma Maîtresse. Presque toutes les femmes étaient parties. Les dernières invitées se disaient au revoir. Tout le monde se dispersa et la directrice me guida vers ses quartiers.

Elle referma la porte et m’y plaqua, en pressant ses lèvres sur les miennes. « Ah, tu m’excites, toi ! » Elle enfonça sa langue dans ma bouche. Puis, elle parut se raviser. Elle saisit mes deux mains et me les tint derrière le dos. Laissant son visage près du mien, elle dit entre ses dents : « Mais à deux reprises, tu t’es mal comportée.

– À deux reprises? Mais qu’est-ce que j’ai…

– D’abord, tu n’as pas gardé ta place. Puis, tu n’as pas toujours obéi immédiatement à mes ordres. Cela mérite une attention immédiate. Viens. »

Elle m’entraîna vers une grosse chaise de bois. Mais plutôt que de m’y faire asseoir normalement, elle fit basculer la chaise de manière à ce que le dossier se retrouve sur le sol. Elle me fit ensuite agenouiller sur le dossier et pencher par-dessus le siège. Ma robe blanche s’étalait autour de ma tête comme le calice d’une fleur. Elle m’ordonna de rester là et je lui obéis, à la fois craintive et excitée. Elle revint avec des liens de cuir et d’autres objets que je discernais mal, vu ma position, et elle et fixa mes bras et mes jambes aux pattes et aux appuis-bras du meuble. Lorsqu’elle eut terminé, j’étais immobilisée, face contre terre, les fesses en l’air, jambes légèrement écartées. Ma culotte était toujours enfoncée dans mon vagin. Elle la tira doucement, prenant tout son temps. La culotte était collée sur la paroi de mon vagin, mais ce simple frottement l’humidifia. Puis, elle prit ma culotte  et me la mit dans la bouche. « Tiens, goûte ton propre jus, petite traînée ! » Elle plaça ensuite un gros ruban gommé sur mes lèvres.

J’avais un peu peur. Qu’est-ce qui allait m’arriver maintenant? Janine avait dit que ce n’était que le commencement. Qui sait jusqu’où la directrice était capable d’aller? Et surtout, serais-je capable de le supporter sans la décevoir amèrement. Je voulus exprimer mes doutes, mais le bâillon improvisé transformait mes paroles en un gémissement inarticulé. Cependant, ma tortionnaire parut percevoir mon angoisse, car elle vint vers moi et me dit d’un ton apaisant : « Ne crains rien. Je ne te ferai rien que tu ne sois capable de supporter. Je vais prendre beaucoup de plaisir à te discipliner, tu sais, mais je le fais aussi pour t’aider à apprendre la soumission. »

Sur ce dernier mot, elle m’administra le premier coup de cravache, le premier d’une longue série de coups qui m’arrachèrent tous un cri, étouffé par mon bâillon. Elle frappa mon dos, puis mes fesses, puis mes cuisses, puis enfin mon sexe encore sensible à cause de l’épilation récente. J’avais mal, tout mon corps brûlait, et pourtant je sentais mon sexe se mouiller sous les coups. « Tu aimes ça, hein, petite salope ! Je le savais bien, moi, que c’était ce dont tu avais toujours eu envie ! » Incapable de répondre distinctement, je hochai la tête. Elle me donna de nouveaux coups de cravache. Mes yeux et mon sexe étaient ruisselants de douleur et de désir.

Enfin, les coups cessèrent. Mais l’accalmie fut de courte durée. La directrice m’agrippa par les cheveux pour me faire lever la tête et elle brandit soudain devant mes yeux un vibrateur muni d’un harnais. Je savais très bien ce que c’était pour en avoir aperçu, un jour où j’étais allée musarder dans une boutique d’accessoires érotiques. Cependant, plutôt que d’enfiler le harnais, elle m’en revêtit, si l’on peut dire, dans l'autre sens, le vibrateur pointant non vers l’extérieur, mais dans mon vagin, vers l’intérieur de mon corps, les courroies de cuir le maintenant bien en place. Elle fit démarrer l’appareil. Ou bien les piles étaient presque épuisées, ou bien elle l’avait réglé à la vitesse la plus basse, mais la vibration m’amena à l’orée du plaisir sans me permette de l’atteindre.

Elle me retira mon bâillon. « Est-que tu veux me faire jouir, ma petite pute?

− Oui », soufflai-je, la bouche asséchée par le bâillon.

− Supplie-moi de me laisser utiliser ta bouche!

− Je vous en prie, Maîtresse, laissez-moi vous donner du plaisir avec mes lèvres, avec ma langue. » Avec le vibrateur enfoncé dans mon sexe, j’aurais été prête à toute les bassesses. Et je me mourais de la toucher, de la caresser.

Elle retira son pantalon qu’elle portait directement sur sa peau nue, puis elle passa ses jambes de chaque côté de la chaise, et ondula du bassin jusqu’à ce que son sexe soit plaqué sur ma bouche. « Sers-moi avec ta langue, avec ta bouche. Après, qui sait, peut-être mettrai-je fin à ton supplice. » Je pressai mes lèvres sur sa vulve. Elle ne parut pas réagir. Je chatouillai son sexe avec ma langue, mais je n’obtins pas de résultats probants. Je pris son clitoris dans ma bouche et l’aspirai avec l’énergie du désespoir. Enfin, elle parut s’éveiller. Je travaillai, et besognai encore, avec mes lèvres, ma langue, mes dents, seule partie de mon corps ou à peu près à n’être pas immobilisée. Enfin, elle jouit avec fracas et je léchai son sexe ruisselant, qui jouit de nouveau. L’orgasme la laissa enfin étendue sur le dos, comme vidée de sa substance. La pièce fut plongée dans le silence, habitée uniquement par le ronronnement du vibrateur qui me mettait au supplice.

Finalement, la directrice se releva. « Bon, eh bien je vais me coucher. On se reverra demain matin.

– Mais je ne vais pas rester comme ça?

– À qui tu crois t’adresser sur ce ton?

– Euh… Maîtresse?

– Eh bien, si j’hésitais à te laisser ainsi toute la nuit, maintenant mon idée est faite ! »

 « Je ne te bâillonnerai pas pour le moment, mais je ne veux pas t’entendre te plaindre. » Elle fit jouer le vibrateur dans mon vagin, ce qui me soutira un petit gémissement. « Tu peux gémir, ça, ça me plaît bien. Ça va me bercer dans mon sommeil. Et toi, tu seras bercée par le vibrateur. Les piles sont neuves, et à basse vitesse, je crois bien qu’il durera jusqu’à demain. Bonne nuit, ma belle. » Elle m’embrassa sur les deux fesses et me mit un bandeau sur les yeux. J’eus l’impression que la vibration de l’appareil qui m’emplissait s’en trouvait amplifiée.

Je l’entendis qui allait à la salle de bain, qui se brossait les dents. Puis elle revint tout près. Il y eut un froissement de tissus et un meuble craqua. Je crus comprendre qu’elle venait de s’étendre sur le canapé, à quelques pas de moi, mais il n’y avait pas moyen de m’en assurer, bien sûr. Et toujours, le grondement sourd du vibrateur, un grondement plein de promesses, qui m’amenait au seuil de la jouissance, et qui m’y abandonnait. Cent fois durant la nuit je crus que ça y était, cent fois, le plaisir rebroussa chemin. Je pensai devenir folle ! Je riais et je sanglotais à la fois, je lançais des imprécations, toutes étouffées par le bâillon. J’avais beau me trémousser, l’appareil était trop bien fixé en place. C’est aussi en vain que je tentai de défaire mes liens. Je ne m’endormis qu’au petit matin, lorsque le vibrateur cessa enfin de fonctionner.

 

 

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