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Chapitre
VI |
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Je sursautai et me retournai. Je crus mourir de honte lorsque j’aperçus la directrice qui se tenait derrière moi et qui, à voir son air goguenard, n’avait manifestement rien perdu de la scène. Depuis combien de temps était-elle là? M’avait-elle vue arriver nue, à cheval, devant Janine? Ou n’avait-elle assisté qu’à la scène de la fin, celle où j’avais enfourché une selle et m’y étais frottée comme une vraie nymphomane? Je baissai la tête et, si j’avais pu, je me serais enfouie sous toute la paille qui jonchait le sol de l’écurie. « Eh bien, moi qui croyais avoir engagé une sainte-nitouche, je constate que j’ai embauché… une débauchée ! Janine m’a tout raconté de tes frasques. D’abord, je ne l’ai pas crue, attribuant cela à l’opinion négative qu’elle semblait avoir de toi. Mais d’après ce que j’ai pu voir, c’est pire encore que ce que Janine m’a décrit… – Mais c’est elle qui… C’est à cause d’elle que… » Je compris soudain le sens des paroles de la directrice. Je me tournai vers Janine : « Tu avais promis… – I never promised anything but in your fantasies. But you, you promised to call me Boss, remember? » Elle croisa les bras d’un air narquois. Je tentai une autre approche : « Oh, madame la directrice, ce n’est pas… – Écoute, je sais ce que j’ai vu. Maintenant, tu vas me suivre. Mais avant, habille-toi. Janine, détache-la, s’il te plaît. – Yes ma’am ! » Janine vint lentement vers moi en me regardant droit dans les yeux. Elle libéra mes poignets en secouant la lanière de cuir sans ménagement. J’avais les larmes aux yeux. « Attendez, vous ne comprenez pas, je… – Tais-toi et suis-moi. » En me retenant de pleurer, j’enfilai mon uniforme auquel il manquait toujours la culotte et je chaussai mes bottes, puis je lui emboîtai le pas en trottinant. Elle avançait à grands pas, avec l’air de celle qui sait qu’on la suivra. De mon côté, je reboutonnais mon gilet tout en marchant. Elle m’entraîna ainsi jusqu’au manoir et me fit monter à ses appartements, qui, à l’exception de son bureau et l’espace où travaillait Marie, semblaient occuper tout l’étage. J’avais déjà eu un aperçu de sa chambre à coucher, par la fenêtre, mais elle s’arrêta dans le hall, où elle me fit asseoir sur un banc. Elle resta debout devant moi. Je levai vers elle un regard piteux. « Vous allez me renvoyer, n’est-ce pas? » Sans dire un mot, elle s’éloigna et revint avec un verre de lait et un biscuit. « Avale ça », fit-elle simplement. Je vidai mon verre d’un trait et engouffrai le biscuit. Je n’avais rien avalé depuis mon réveil, et cela me fit du bien. La directrice prit mon verre et le posa sur un guéridon, puis continua de me considérer d’un air pensif. Machinalement, elle replaça une mèche de cheveux collée sur mon front. Je songeai tout à coup à l’allure que je devais avoir. « Pauvre petite », fit-elle, en me caressant les cheveux. Son geste était si doux que je me sentis émue jusqu’aux larmes et, de nouveau, eus du mal à retenir mes pleurs. À d’autres, j’aurais rétorqué que je n’étais pas une « petite », que j’étais une grande personne, que je pouvais m’arranger avec mes problèmes. Mais il y avait tant de sollicitude dans son regard, et elle me consolait avec tant de naturel, que tout ce que j’avais envie de faire, c’était de m’abandonner, de lui dire que j’étais sa petite, de lui demander de prendre soin de moi… « Je suis désolée, fis-je d’une voix haut perchée qui m’étonna moi-même. − Est-ce que tu as confiance en moi? » demanda-t-elle en me caressant la joue. Je laissai retomber ma tête contre sa main en fermant les yeux. C’était bon de sentir se relâcher la tension des derniers jours, de me sentir en sécurité. Elle saisit mon menton et me fit relever la tête pour que je la regarde. « Je t’ai posé une question : me fais-tu confiance? » Je hochai la tête. Même si, à peine une quinzaine auparavant, je n’avais jamais entendu parler de cette femme, je savais, tout au fond de moi, que je pouvais lui faire confiance, qu’elle ne me voulait pas de mal. « Oui, fis-je simplement. − Est-ce que tu aimerais que je m’occupe de toi, que je te donne ce qu’on ne t’a jamais donné, mais aussi que je prenne de toi ce que tu n’as encore jamais offert? » Je ne comprenais pas trop ce qu’elle attendait de moi sous ce langage énigmatique, mais j’étais comme subjuguée et, encore une fois, je répondis simplement « Oui ». Elle sourit, puis son visage redevint sérieux. Elle agrippa mon visage plus fermement. « Et moi, est-ce que tu crois que je peux te faire confiance? » demanda-t-elle d’un ton soudain durci. Je baissai les paupières. « Regarde-moi dans les yeux et réponds-moi » m’ordonna-t-elle. Je levai mon regard vers elle. « Oui », fis-je avec un mince filet de voix. Et à ce simple acquiescement, mon corps fut parcouru d’un long frisson, et la chaleur qui rayonna de mon sexe m’indiqua à quel point toute cette scène était venue me chercher au plus profond de moi. « Tu sens le cheval, déclara-t-elle. Suis-moi. » Elle m’entraîna vers la salle de bain, cette même pièce où, d’en bas, je l’avais aperçue nue. À la dérobée, je jetai un regard dans la cour. Elle remarqua mon manège. « Alors comment c’est, vu d’en haut? » Je me sentis rougir. Sans attendre de réponse et sans faire de plus amples commentaires, elle déboutonna mon gilet et me le retira, puis fit de même avec ma jupe. Elle me dit ensuite d’enlever mes bottes. Je montai dans la baignoire après qu’elle m’ait enlevé le collier de cuir. Elle fit couler l’eau, mais me dit de rester debout. Puis elle prit une éponge, y fit mousser du savon, et entreprit de me laver, chacun de ses gestes comme un tendre attouchement. Tout en me savonnant, elle me parlait doucement : « Je vais m’occuper de toi, moi, je sais de quoi tu as le plus besoin. Pauvre petite, tu es comme un animal perdu. D’abord une cliente, puis mon employée. Tu ne sais plus où donner de la tête, hein, ma belle? Mais je sais ce que tu veux, moi, depuis le début. Ce n’est pas pour rien que tu es venue jusqu’à moi. Et surtout que tu es restée. » Ses mains, partout sur moi, me faisaient craquer. Il me semblait que j’attendais ce moment depuis toujours. J’essayai pourtant de garder les pieds sur terre. « Est-ce que ça veut dire que je ne suis pas renvoyée? – Ça veut dire que tu changes de fonction. Allez, sors du bain, maintenant, tu es assez propre. » Elle m’abandonna, ruisselante, debout sur les carreaux glacés en me disant qu’elle revenait avec des vêtements pour moi. Dans toute la salle de bain, il n’y avait qu’une minuscule serviette, avec laquelle j’entrepris néanmoins de m’essuyer. C’est ainsi qu’elle me surprit. « Mais qu’est-ce que tu fais là? demanda-t-elle. Je ne t’ai pas donné la permission de te sécher à ce que je sache. Désormais, tu ne fais rien sans que je t’en donne l’ordre ou la permission, c’est clair? Sinon, je vais être obligée de trouver des moyens pour que tu t’en souviennes. Maintenant, remonte dans la baignoire. Remonte, j’ai dit ! » Je retournai dans la baignoire et elle actionna la douche, déversant sur moi un jet d’eau glacée. Je poussai un petit cri, mais elle ignora mes plaintes. Ensuite, elle me fit ressortir. Puis elle épongea tranquillement les gouttes d’eau sur mon visage, sur mes épaules, dans mon cou, sur mes seins, sur mon ventre. J’étais tellement sonnée par tout ce qui m’arrivait que je me laissai faire sans mot dire. Parvenue à mon bas-ventre, elle s’interrompit. « Oh, il y a beaucoup à éponger ici. On s’occupera de ça plus tard. Pour le moment, tu dois être corrigée. » Je sursautai. Corrigée? Et moi qui croyais que j’étais pardonnée! Comme si elle avait lu dans mes pensées, elle dit : « Moi, je ne t’en veux pas. Mais je veux que tu apprennes la leçon. Je sais que tu as besoin d’être disciplinée. Suis-moi. » Elle me prit par la main et, secouée encore une fois, j’obéis comme une enfant sage. Ce coup-ci, elle m’emmena au salon et s’assit dans un fauteuil. Consciente de ma nudité, je la suivis néanmoins sans protester. Sur une table, près d’elle, était posée une longue spatule. Tapotant ses cuisses, elle me dit : « Viens. » J’hésitai. Elle voulait que je m’assoie sur ses genoux? J’esquissai un geste incertain. « Pas comme ça, fit-elle. Couche-toi en travers de mes cuisses. » Comme je ne bougeais pas, elle ajouta, d’un ton plus impatient : « Je t’ai dit de venir, et quand je te donne un ordre, j’entends bien être obéie. Allez, fais ce que je te dis. » Ses mots eurent sur moi un effet magique, et sans plus m’interroger, j’allai près d’elle, me penchai, et me couchai sur ses genoux en laissant la pointe de mes pieds reposer sur le sol. Elle m’aida à m’installer le plus confortablement possible. C’était bon être aussi près d’elle, enfin. Ça sentait le cuir et un frais parfum boisé. Elle passa la main sur mes fesses. Un doux frémissement me traversa. « Tu vois, fit-elle, ce n’est pas bien sorcier de m’obéir. Je vais t’apprendre à le faire, tu vas voir. » Et en disant cela, elle me donna une claque sur les fesses, pas bien forte, mais assez pour me faire sursauter et pousser un petit cri. « Dis-moi, ma belle, est-ce qu’on t’a déjà donné la fessée? − Non, madame, ai-je répondu. Enfin, pas depuis que je ne suis plus une enfant. − Je pense que tu as besoin d’une bonne fessée. Qu’est-ce que tu en dis? » Je ne savais pas quoi en dire. On ne m’avait jamais non plus demandé si j’avais besoin d’une fessée! Mais ses mains avaient recommencé à caresser mes fesses, mes cuisses, et j’étais prête à tout faire pour qu’elle continue de me toucher. « Oui », dis-je dans un souffle, sentant tout mon corps s’abandonner à ses attouchements. La seconde claque survint également comme une surprise. Mais celle-là ne fut pas suivie de caresses tendres, mais d’autres claques. À chaque coup, mon corps bondissait, mais pour me garder bien en place, la directrice agrippa ma nuque de sa main libre, me plaquant contre ses cuisses. Et la fessée se poursuivit, gagnant en intensité. Je poussais de petits gémissements. Au début, mon corps résista, mais je ne tentai pas de me libérer. Force m’était de constater que cette intimité forcée avec cette femme que j’avais désirée dès le premier jour m’excitait énormément. Peu à peu, je m’abandonnai au mouvement, à la chaleur qui envahissait mon derrière. Lorsque les coups s’interrompirent, je me pris à être déçue. Elle glissa sa main entre mes cuisses et tâta mon sexe. Elle eut un petit rire. Elle porta sa main à ma bouche. « Lèche mes doigts. » Et sur ses mains je goûtai distinctement la saveur de ma cyprine. Beaucoup de cyprine. « Bon, maintenant est-ce que tu es prête pour ta fessée? Redresse-toi un instant. » La directrice me fit me relever, puis me réinstalla confortablement sur le bras du fauteuil. Je me laissai faire, trop abasourdie pour m’enquérir sur ce qui venait de se passer, si ce n’était pas là une fessée. « Maintenant, dit-elle, il va falloir être courageuse. Mais avant, je veux que tu me dises que c’est ce que tu souhaites. Dis-moi, est-ce que tu veux que je te corrige? Sinon, tu es libre de partir, tu sais. Et ne crains rien, ce n’est pas une question d’argent; ton salaire te serait versé et tu aurais même droit à une prime de chômage. » Elle se pencha sur moi en pressant son bassin contre mes fesses. C’était presque comme une pénétration et je me sentis devenir toute pantelante. « Mais il me ferait très plaisir que tu restes, me souffla-t-elle à l’oreille. J’ai très envie de toi et j’aimerais beaucoup t’avoir à moi. Toute à moi. Maintenant. » Elle passa sa main dans mes cheveux et embrassa ma joue. « Dis-moi que c’est ce que tu veux. » Je frémis et formulai alors les seules paroles qui me semblaient sensées dans les circonstances. « Oui, s’il vous plaît, corrigez-moi comme vous le voulez. − Tu en es bien certaine? s’enquit-elle. − Oui, c’est ce que je souhaite depuis le premier jour. » Elle se mit en position, perpendiculairement à moi. Elle posa sa main dans mon dos et me donna un premier coup de sa longue spatule de bois. Même si j’y étais préparée, je tressaillis. Et je compris d’un coup la différence entre une fessée érotique et une fessée destinée à me corriger. Chaque nouveau contact de l’instrument de bois avec mes fesses m’aida en fait à mieux saisir la nuance entre les deux. Le premier claquement fut en effet suivi de plusieurs, de nombreux autres. Installée comme je l’étais, je ne pouvais pas me soustraire à la correction. J’avais les fesses relevées devant elle, offertes et vulnérables. Des fesses qui bientôt me brûlèrent. J’aurais pu me relever et partir, mais chaque fois que j’avais la tentation de le faire, elle semblait deviner mon intention et me maintenait contre le fauteuil en me murmurant des paroles apaisantes. En parcourant parfois mes fesses de sa main ou de sa spatule. Sans jamais diminuer l’intensité des coups. À la fin, je pleurais à chaudes larmes, je gémissais, et je murmurais « S’il vous plaît », sans trop savoir si je la conjurais de continuer ou d’arrêter. Mais à aucun moment je ne lui demandai directement de mettre fin à la fessée. Je pense que le dernier coup avait retenti depuis un certain moment lorsque je pris conscience que la correction avait cessé. La directrice passait ses mains sur mes fesses, raclait de ses ongles ma chair rougie. Comme j’aurais aimé qu’elle glisse ses doigts jusqu’à mon anus, qu’elle me pénètre profondément. Mais elle demeurait à la surface de mon corps, l’apaisant et le gardant en éveil tout à la fois. Je pleurais toujours. Elle m’aida à me redresser et m’attira contre elle. « Tout doux. Ça va aller maintenant. Je suis très fière de toi. Tu as fait ça comme une grande. Tu veux voir le résultat? » Elle m’entraîna dans une pièce grande et carrée, dont je conclus qu’il s’agissait de sa chambre. Le décor était semblable à celui de son bureau, excepté que les œuvres d’art ici, sculptures ou peintures, prenaient la forme de pièces à connotation érotique. Un grand miroir antique, au cadre lourdement ouvragé, occupait une partie du mur faisant face au lit. Elle m’y conduisit et me fit me tenir de côté pour que je m’y mire. Mes fesses étaient d’un rouge qui prenait par endroits une teinte violacée. De nouveau, elle passa ses ongles sur ma peau en hochant la tête d’un air satisfait. « Très sexy » fit-elle, en me donnant une petite tape qui raviva l’effet de brûlure. « À présent, il faut que tu t’habilles. » Elle désigna quelques articles qui se trouvaient sur son lit. « Voici ton nouvel uniforme. Du moins pour la journée. » J’examinai les vêtements. « Allez, qu’est-ce que tu attends? » Je pris d’abord le micro-short de vinyle rose, si serré qu’elle dut m’aider à l’enfiler. Au contact du matériau, les fesses me brûlèrent. Le bas de mon postérieur restait à découvert tant le short était serré et petit, et la couture divisait mon pubis en deux. De plus, le vêtement ne cachait pas complètement la rougeur de ma peau. La directrice en parut satisfaite, car c’est avec un petit sourire qu’elle passa sa main sur ma chair nue et brûlante sous la lisière du short. Ensuite, elle me tendit elle-même le bref bustier en vinyle du même ton, à peine assez grand pour couvrir mes seins pourtant menus. Elle recula de quelques pas et me jeta un regard admiratif. « Tu es très belle, tu le sais? Ce sera une joie de m’occuper de toi. Mets aussi ça. » Elle laissa tomber à mes pieds des sandales dorées à talons aiguille. Elle approcha sa bouche de la mienne, jusqu’à l’effleurer. « À ton avis, c’est parce que je trouve ces chaussures sexy ou parce que je veux t’empêcher de t’enfuir en courant? » Elle éclata de rire tandis que je laissais échapper un grand soupir. Je chaussai les sandales. Elle passa autour de mon cou une chaîne dorée et elle y accrocha une nouvelle laisse, mais plus élégante, en cuir rose. Elle tira sur ma laisse et je la suivis, à quelques pas derrière elle. Elle m’entraîna à l’autre bout du couloir, dans son bureau. En passant devant Marie, je me sentis rougir jusqu’aux oreilles à l’idée qu’elle m’aperçoive dans un tel accoutrement. Je baissai les yeux. Mais la directrice s’arrêta et s’adressa à sa secrétaire : « Tu as vu ma nouvelle acquisition? Étonnant, n’est-ce pas? Fais un tour sur toi-même, Sandrine, et montre à Marie comme tu es jolie et obéissante. » Comme j’hésitais, la directrice me jeta un regard sévère. Et docilement je pivotai afin que la secrétaire voie bien mon petit derrière rougi et à peine couvert. « En effet », fit Marie. Et la directrice tira sur la laisse et je la suivis dans son bureau. Après avoir refermé la porte, elle me fit asseoir sur le même fauteuil que la première fois. Avec mes talons de dix centimètres, mes fesses semblaient s’enfoncer encore plus profondément dans le siège. Elle écarta mes jambes jusqu’à ce qu’elles soient posées sur les appuis-bras. Elle passa ensuite un anneau doré à chacune de mes chevilles et fixa mes jambes aux pattes du meuble. Elle me dit de mettre les mains derrière moi de façon à ce que mes bras entourent le fauteuil. Elle passa deux bracelets en or à mes poignets et me les immobilisa derrière le dossier. J’avais l’impression d’être un papillon épinglé par un collectionneur. Et je trouvais cette vulnérabilité follement excitante. Elle ajusta mon short de manière à en faire ressortir mes lèvres dans l’entrejambe. Elle descendit mon soutien-gorge pour qu’il ne couvre que la moitié de mes mamelons. Elle les pinça, m’arrachant une petite plainte. Ils se tenaient maintenant hérissés bien droits. « Voilà qui devrait m’inspirer dans mon travail. » Satisfaite, elle s’installa à son bureau, en me jetant de temps à autre un coup d’œil. À quelques reprises, elle me rappela de bouger dans mes liens, afin de ne pas trop laisser mes membres s’engourdir. Deux fois, sa secrétaire entra, mais elle ne fit pas mine de me voir. À midi, la directrice fit venir un repas froid des cuisines. Cependant, elle ne me détacha pas et me donna à manger dans sa main. Je me sentais comme un enfant ou un petit animal incapable de se nourrir lui-même, et sans que je puisse me l’expliquer, cette idée ne me déplaisait pas. J’avais gardé le silence jusque-là, attendant la suite des choses. N’y tenant plus, je demandai : « Qu’est-ce que vous comptez faire de moi? » Elle ne répondit pas tout de suite. Elle détacha mes poignets et je crus qu’elle allait me libérer, mais c’était seulement pour que le fauteuil ne m’écrase pas les bras lorsqu’elle le renverserait. Je me retrouvai sur le dos, les jambes écartées de chaque côté du fauteuil, plus vulnérable que jamais. Elle immobilisa de nouveau mes bras, cette fois le long de mon corps, en les attachant au fauteuil. Puis elle remonta mon short encore plus haut, si une telle chose était possible, de sorte que la couture me scie l’entrejambe. Elle pinça mes lèvres entre ses doigts et je gémis. J’aurais souhaité plus, tellement plus. Mon sexe était en alerte, sur le point d’éclater de désir. « Ça », dit-elle finalement. Elle dézippa son pantalon de cuir et se mit au-dessus de moi. Elle commença à se caresser et à se frotter sur ma poitrine à moitié dénudée. Elle me dit : « Sors ta langue et montre-moi comment une petite salope comme toi est capable de faire jouir sa maîtresse. » Je sursautai à ce dernier mot, car c’était la première fois qu’elle l’employait. « Non, non, ne remue pas la langue, contente-toi de la laisser sortie et à ma disposition, pour que je puisse me caresser sur elle. » Et elle pressa contre mon visage son sexe aux poils bien taillés. Je lui obéis sans protester, espérant qu’elle me rendrait la pareille lorsqu’elle en aurait fini avec moi. Très vite, je n’eus d’ailleurs plus l’occasion de proférer un seul mot : j’avais son sexe partout sur ma bouche, qui se pressait sur la langue, sur mes lèvres, et qui allait et venait en un mouvement régulier et insistant. Je goûtais la saveur salée de son sexe, mon visage était baigné de son odeur. La langue m’élançait à force de la tirer, mais je tenais bon, me sentant comme un simple jouet entre ses jambes. Lorsqu’elle jouit enfin, son eau coula sur mes joues et jusque dans mon cou. Elle retomba mollement auprès de moi. Elle finit par se relever. Elle me détacha et m’aida à me redresser. J’avais le corps tout ankylosé par cette longue immobilité. C’était le travail le moins fatigant que j’aie jamais eu et, en même temps, c’était le plus exigeant ! « Non, ne te mets pas debout. » Je dus la suivre à quatre pattes jusqu’à sa chaise. Là, elle réunit mes poignets ensemble et elle les attacha à son bureau, tout près de l’endroit où elle s’asseyait habituellement. J’étais à quatre pattes, les poignets attachés au niveau du sol, le cul relevé dans mon short trop serré. De son tiroir, elle sortit une boule rouge percée d’un trou et réunie par deux lanières de cuir. C’était un bâillon, qu’elle passa autour de ma tête et qu’elle boucla au-dessus de ma nuque après avoir enfoncé la boule dans ma bouche. Elle détacha mon short et le baissa jusqu’au milieu de mes cuisses. Ma chair, humide sous le vinyle, se couvrit de chair de poule. Elle s’assit à son bureau et me considéra à ses pieds avec un sourire. Je levai les yeux vers elle, muselée, impuissante, exposée à son regard, la désirant plus que jamais. « Adorable petite chose », fit-elle en se penchant de nouveau pour passer la pointe de son stylo entre mes cuisses. Je me trémoussai dans mes liens pour accentuer la pression sur mon sexe. Il aurait été si bon d’être caressée, ici, maintenant, jusqu’à en jouir! Elle eut un petit rire et cessa son mouvement de va-et-vient. « Pas tout de suite, ma jolie. Et pas si facilement. » Elle se cala dans son fauteuil et ne fit plus attention à moi. Les minutes passèrent, moi attachée à la patte de la table et bavant dans mon bâillon, elle travaillant et m’ignorant tout autant que si j’étais un objet. Au bout d’un certain temps, toutefois, elle me retira le bâillon et me donna la permission de m’étendre sur le sol. La bouche encore toute endolorie et le corps courbaturé, je me roulai en boule à ses pieds, la tête et le cœur légers. À la fin de la journée, la directrice me détacha. Puis elle me fit remonter et zipper mon short. Elle me fit signe de me relever et, me tirant par la laisse, me ramena à ses appartements après avoir dit au revoir à Marie. Là, elle s’assit dans un fauteuil, le même où elle m’avait donné la fessée, et elle me fit agenouiller à ses pieds, les jambes écartées et les mains derrière le dos. De sa main, elle caressa mon visage, mon cou, ma poitrine, mon ventre, mes cuisses. Je sentis une chaleur envahir tout mon corps. « Je suis fière de toi, fit-elle, cette première journée s’est très bien passée. Je te donne la permission de m’appeler Maîtresse. Il y aura d’autres règles qui s’ajouteront graduellement, mais celle-ci est la première : si tu veux rester auprès de moi, il faudra toujours m’appeler Maîtresse. » Ce soir-là, je m’endormis − elle avait fait monter dans sa chambre une sorte de petit matelas qu’elle avait fait installer au pied de son lit − en me disant que mon contrat au ranch prenait décidément une tournure inattendue.
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